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Le Mot de la directrice

Josee VaisbrotIl est une coutume juive d’attendre que les garçons aient trois ans pour leur faire la première coupe de cheveux. Cette coutume, appelée “Opchèr’n”, ce qui signifie en Yiddish “couper les cheveux”, est mentionnée pour la première fois dans le livre “Cha’ar HaKavanot” de rabbi ‘Haïm Vital, le disciple du grand Kabbaliste du XVI-ème siècle, le Arizal.

Le concept de trois ans en tant qu’âge de transition procède d’une similitude avec le commandement de Orla, explosé dans la Tora (Lévitique 19,23): il s’agit d’interdire l’utilisation des fruits poussant les 3 premières années après avoir planté l’arbre.

En effet, à plusieurs reprises, la Bible, en plusieurs endroits, compare l’homme à un arbre :

  • “Oui, l’arbre du champ, c’est l’homme même…” (Deutéronome 20,19) « Ki Ha-adam ets haSSadé »
  • “mais les jours de mon peuple seront comme les jours des arbres…” (Isaïe 65,22) « Kiyemé haèts yemé ami »
  • “Il sera tel qu’un arbre planté au bord de l’eau…” (Jérémie 17,8) « Vehaya Ke-ets chatoul Al Hamaïm »

Au-delà de l’aspect capillaire, l’âge de trois ans représente une étape importante dans la vie d’un enfant juif. A partir de ce moment-là, il commence officiellement à recevoir son éducation juive, à pouvoir porter une kippah et des tsitsits. C’est aussi l’âge de commencer l’école ! Un enfant de 3 ans cesse d’être centré sur lui (syncrétisme enfantin) pour s’ouvrir aux autres, il commence à se socialiser, à compter, à parler.

Est-ce dire que l’école juive moderne est arrivée à maturité ? Et que le résultat de son succès sera lisible à la rentrée prochaine ?

On peut dire qu’il s’agit d’une étape importante déjà franchie, et que la quatrième année doit assurer la pérennité du projet.

La parasha de Vayetsé illustre la valeur de ce chiffre 4 à l’occasion de la naissance du 4e fils de Léa, Yehouda.

La « perfection » est atteinte avec son 3e enfant, Levi, dont la tribu sera plus tard distinguée des autres par la qualité de son comportement. De même, la Kabbale qualifie la 3e Sephira (qualité divine) Rahamim-Miséricorde, d’équilibre réussi entre la première et la seconde, respectivement Bonté-Hessed et Rigueur- Guevoura.

Qu’apporte alors de mieux la 4e dimension ? le temps. La Sephira de Malkhout-Royauté, est liée à la matérialité qui permet aux concepts et valeurs de prendre forme sur terre, et inscrit dans l’histoire le projet du judaïsme, sous le symbole du roi David, issu de la tribu de Yehouda.

Nous sommes donc repartis pour les trois prochaines années !!

Je souhaite pouvoir dans 3 ans vous parler au passé de locaux agrandis pour accueillir 200 élèves, de premiers contrats obtenus, d’une couverture de l’ensemble des classes jusqu’au CM2, et du rayonnement de notre école dans la communauté et la Cité.

Déjà, pour l’année prochaine, vous parler de l’accroissement des effectifs à 120 élèves en conservant notre exigence d’excellence, d’une équipe pédagogique stable, diplomée de l’Education Nationale, formée au programme d’enrichissement instrumental du Pr. Feuerstein, du projet d’établissement 2010/2011 qui sera consacré à l’ouverture sur le monde, et de partenariats noués dans ce cadre avec des écoles de religions différentes.

En attendant, nous marquons ce jour une étape dans notre projet « Je pense à toi », centré sur la relation au prochain et les Mistvot « bein adam le h’avero » : politesse, partage, respect, humilité, entraide, accueil de la différence, amitié. Valeurs universelles et juives !!

Josée VAISBROT

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